L’édito d’Open Silicium n°19 !

Malgré les apparences trompeuses nous voici aux portes de l’été, le dieu de la météo n’étant pas très clément cette année. Qu’importe, vous avez dans les mains le numéro d’été d’Open Silicium, (19ème du nom) que vous pourrez fièrement arborer sur la plage (en espérant que le dieu en question change d’avis sinon vous devrez vous résoudre à le lire dans la caravane).

J’ai eu l’honneur et le plaisir de rédiger l’article de couverture qui évoque quelques méthodes vous permettant de rester bien au chaud dans l’espace utilisateur de Linux, loin du monde impitoyable de la programmation noyau. Un tel sujet de ma part peut étonner sachant que je m’évertue depuis de nombreuses années à écrire des articles sur la programmation noyau sans compter les cours et les formations que je dispense. Cependant, comme disait Paul Valéry (le poète académicien, pas le faux chanteur), « entre deux mots (ou maux ?), il faut choisir le moindre ». Bref, si l’on peut se permettre de développer un composant logiciel en espace utilisateur, il serait dommage de s’en priver puisque l’approche est bien plus simple et les difficultés bien moindres (développement, portabilité, licence). Nous n’oublions cependant pas le noyau Linux puisque dans ce même numéro nous vous présentons la carte FPGA « Dragon-L » (PCI/Express) de la société KNJN. Nous avions déjà évoqué la première génération de carte Dragon (PCI) il y a quelques années et l’article d’aujourd’hui nous permettra de réaliser une maquette de pilote réseau et donc de mieux appréhender l’architecture de ces pilotes – réputés complexes – sur un exemple simple (preuve que la programmation noyau reste parfois indispensable).

Nos amis du projet RIOT-OS sont de retour pour nous présenter un excellent article décrivant des exemples de communication réseau dans le domaine de l’Internet des objets (IoT) en utilisant les standards 6LoWPAN et CoAP. Dans le monde naissant de l’IoT quelque peu agressé par les solutions propriétaires, le choix de protocoles libres et ouverts est bien entendu indispensable et le marché ne pourra se développer sereinement dans un autre contexte, comme ce fut le cas pour l’Internet, qui doit sa fabuleuse expansion à l’utilisation de protocoles – et systèmes – ouverts.

Dans le même domaine de l’IoT, ce numéro est également l’occasion d’accueillir un nouvel auteur (Laurent Delmas) qui nous décrit comment simuler des capteurs et Patrick Kadionik (qui lui est loin d’être un nouvel auteur) qui nous gratifie d’une excellente contribution sur la conception d’un objet connecté en Java ME (Java Micro Edition, anciennement J2ME).

Un autre jeune auteur (et stagiaire sous ma responsabilité chez OWI) évoque le sujet des bus industriels à base d’Ethernet qui est en pleine expansion. Ce monde très professionnel (là aussi proche de l’IoT) est partagé entre des solutions totalement propriétaires (EtherCAT) et des standards ouverts, comme le protocole openPOWERLINK développé par la société autrichienne B & R Automation. Nous avions eu l’occasion d’introduire le sujet il y a quelques mois, mais l’article d’aujourd’hui présente un comparatif très intéressant entre deux implémentations Linux (temps réel) du protocole (soit PREEMPT-RT et Xenomai) sur la fameuse carte libre BeagleBone Black.

L’été sera donc studieux et sur ce, « happy (free) hacking » !

Pierre Ficheux